29 janv. 26
Uncategorised
"Je suis désolée, on n’a pas pu les imprimer, ELLE n’a pas voulu qu’on t’aide. Je vais essayer d’en imprimer quelques-uns en cachette avant de partir ce soir. "
Il est 16 h quand la stagiaire m’envoie ce message sur Teams.
Elle est désolée de ne pas avoir pu imprimer les 150 programmes nécessaires et tant attendus
pour la réunion de demain matin. Une fois de plus, sa manager, une de mes collègues directes, refuse que sa stagiaire m’aide à imprimer les documents. Alors que, d’ordinaire, ce genre de tâche est justement confié aux stagiaires.
"Ne t’inquiète pas, j’arriverai plus tôt demain matin et je les imprimerai. " Je la remercie gentiment et je souffle un bon coup.
Puis, au lieu de continuer l’e-mail que j’étais en train d’écrire, je rabats mon ordinateur portable, m’installe sur le canapé, téléphone à la main, et j’ouvre LinkedIn.
J’avais envoyé un message à la stagiaire ce matin en demandant si c’était OK pour elle d’imprimer ces fameux programmes, puisqu’elle était au bureau et moi non. Mais apparemment, c’était trop demander d’après cette fameuse collègue qui n’avait même pas pris la peine de me communiquer l’information elle-même.
Il est 16 h quand la stagiaire m’envoie ce message sur Teams.
Elle est désolée de ne pas avoir pu imprimer les 150 programmes nécessaires et tant attendus
pour la réunion de demain matin. Une fois de plus, sa manager, une de mes collègues directes, refuse que sa stagiaire m’aide à imprimer les documents. Alors que, d’ordinaire, ce genre de tâche est justement confié aux stagiaires.
"Ne t’inquiète pas, j’arriverai plus tôt demain matin et je les imprimerai. " Je la remercie gentiment et je souffle un bon coup.
Puis, au lieu de continuer l’e-mail que j’étais en train d’écrire, je rabats mon ordinateur portable, m’installe sur le canapé, téléphone à la main, et j’ouvre LinkedIn.
J’avais envoyé un message à la stagiaire ce matin en demandant si c’était OK pour elle d’imprimer ces fameux programmes, puisqu’elle était au bureau et moi non. Mais apparemment, c’était trop demander d’après cette fameuse collègue qui n’avait même pas pris la peine de me communiquer l’information elle-même.
« Et évidemment, elle va te faire de grands sourires, mais sans jamais prendre la peine de te le dire en face. »
« Fx them. »
M’encourage une collègue compatissante quand je lui raconte la situation et le fait de devoir arriver une heure plus tôt demain matin pour imprimer et agrafer ces 150 programmes avant la présentation de 9 h.Heureusement que je l’avais, elle, dans l’équipe, sinon je finirais probablement encore plus souvent en larmes.
Parce que oui, même si je montre sur les réseaux à quel point j’aime mon travail, et c’est sincère, il m’est déjà arrivé de pleurer à plusieurs reprises.
La dernière fois date d’il y a à peine deux semaines.
La dernière fois date d’il y a à peine deux semaines.
Mais aujourd’hui, je n’ai même plus assez d’énergie pour que cela me touche.
Et c’est pire encore.
C’était la première fois que je me retrouvais dans un environnement toxique, où certains bâtissent une carrière sur des idées « empruntées » aux autres, où l’esprit d’équipe est crié haut et fort tout en marchant sur les autres, et où les informations importantes ne sont, bizarrement, pas partagées avec les personnes impliquées.
Je respire un bon coup, continue de scroller sur les offres d’emploi LinkedIn
et je me demande si c’est comme ça dans toutes les entreprises.
Je repense à une de mes amies qui a fait face à plusieurs burn-out, tous déclenchés par des collègues néfastes.Cette fille, je l’adore. Elle est intelligente, douce, réfléchie. Mais c’est vrai que je me suis souvent demandé comment elle se retrouvait régulièrement dans cette position. Jusqu’à ce que moi aussi je rencontre ce genre de collègues : des gouffres sans fin qui aspirent toute motivation, toute joie de vivre et tout esprit d’équipe (et j’exagère à peine).
Il existe deux types de collègues toxiques assez reconnaissables : les Jessica et les Karen*.
*Évidemment, ce ne sont pas leurs vrais prénoms, mais plutôt des archétypes, et je n’oserais pas partager ça comme ça sur Internet. Et pour des raisons purement humoristiques,
je vais amplifier un peu leurs traits. Peut-être aussi pour brouiller le vrai du faux. Qui sait.
*Évidemment, ce ne sont pas leurs vrais prénoms, mais plutôt des archétypes, et je n’oserais pas partager ça comme ça sur Internet. Et pour des raisons purement humoristiques,
je vais amplifier un peu leurs traits. Peut-être aussi pour brouiller le vrai du faux. Qui sait.
Les Jessica…
Elles sont souvent encore jeunes, pétillantes, toujours souriantes et prêtes à aider, mais rêvent de manière très malsaine de gravir les échelons dans l’entreprise, coûte que coûte.
Les Jessica paraissent inoffensives.
Mais comme certains animaux sauvages, ce n’est qu’un camouflage.En réalité, elles sont assoiffées de reconnaissance et de pouvoir, avec un besoin inexplicable d’être vues et mises en avant, et des ambitions parfois surréalistes.
Elles devraient parfois redescendre du piédestal sur lequel leurs parents les ont mises
quand elles avaient 7 ans, en leur faisant croire qu’elles étaient la créature la plus intéressante de l’univers, au QI d’Einstein.
Inutile de dire que c’est complètement faux.
Elles devraient parfois redescendre du piédestal sur lequel leurs parents les ont mises
quand elles avaient 7 ans, en leur faisant croire qu’elles étaient la créature la plus intéressante de l’univers, au QI d’Einstein.
Inutile de dire que c’est complètement faux.
Et puis il y a les Karen aussi.
Ces personnes, souvent un peu plus âgées, qui se raccrochent à leur jeunesse et aux souvenirs de ce que ce métier était « avant ».
« Oh tu sais, nous, à l’époque… »
Et elles te racontent l’âge d’or de l’entreprise, où les blagues douteuses et le vocabulaire politiquement incorrect étaient monnaie courante, où les soirées du personnel étaient souvent limite-limite, et où les stagiaires ne servaient qu’à faire le café et les tâches reloues, et à qui il était fréquent de parler comme à un chien.Et je les soupçonne aussi d'être profondément jalouses que toi, ta vie ne se résume pas uniquement au travail. Contrairement à la leur.
Chanceuse comme je suis, j’ai droit à un joli mix de Jessica et de Karen…
Chanceuse comme je suis, j’ai droit à un joli mix de Jessica et de Karen…
Je m’en veux d’avoir demandé à cette stagiaire de m’aider, car je me doute bien que cela pourrait lui retomber dessus plus tard. Je repense à cette fois où elle m’avait appelée en pleurant. On lui avait dit qu’elle était « débile » parce qu’elle avait osé poser une question sur un sujet qu’elle n’avait pas compris.
Puis je pense à une autre stagiaire, avec une to-do list aussi longue que la Bible, qui avait simplement demandé de l’aide à sa manager.
Elle voulait savoir quelles tâches étaient prioritaires, histoire de pouvoir s’organiser au mieux.
La réponse avait été immédiate :
« Tu sais, l’écrire te prend plus de temps que de le faire. Y a moyen d’être bête comme ça. »
Mais il n’y a pas que les stagiaires qui y passent.
Une collègue, qui venait de débuter dans notre département, se réjouissait à l’idée de participer à un gala avec des clients. Elle était toute excitée. Elle s’était même offert une tenue hors de prix pour l’occasion.
« Elle est magnifique, ta tenue, mais je suis désolée de te le dire, tu n’es pas invitée. Il n’y a que quelques collègues qui y vont. » Lui annonce une certaine Vanessa.
Le lundi suivant, elle se faisait réprimander par la directrice générale
pour avoir manqué " une soirée obligatoire pour toute l’équipe ".
J
e repense à toutes ces méthodes invisibles de micro-sabotages,
d’ambiguïté volontaire et d’agressions verbales, et je me demande combien de temps cela va encore continuer. Si seulement Jessica savait que, grâce à moi, elle a évité plusieurs plaintes à la RH de ses stagiaires. Mais évidemment, elle n’en saura rien. Parce que je suis trop bonne élève.
d’ambiguïté volontaire et d’agressions verbales, et je me demande combien de temps cela va encore continuer. Si seulement Jessica savait que, grâce à moi, elle a évité plusieurs plaintes à la RH de ses stagiaires. Mais évidemment, elle n’en saura rien. Parce que je suis trop bonne élève.
(Et oui, le « trop bonne, trop conne » fonctionne aussi très bien dans le monde du travail.)
Pendant que Karen garde sa position de doyenne dans l’entreprise et que Vanessa brille, il y a des personnes dans l’équipe qui en souffrent.
Moi.
Les stagiaires.
Et quelques collègues, eux aussi,
à deux doigts du burn-out.
Des profils souvent investis, loyaux, bosseurs, et qui souhaitent sincèrement faire grandir la marque en équipe.
À la place, la motivation s’échappe petit à petit, faisant place à un stress chronique, à une hypervigilance permanente vis-à-vis de ces personnes, à une fatigue émotionnelle, et à beaucoup de doutes… jusqu’à l’épuisement total.
Moi.
Les stagiaires.
Et quelques collègues, eux aussi,
à deux doigts du burn-out.
Des profils souvent investis, loyaux, bosseurs, et qui souhaitent sincèrement faire grandir la marque en équipe.
À la place, la motivation s’échappe petit à petit, faisant place à un stress chronique, à une hypervigilance permanente vis-à-vis de ces personnes, à une fatigue émotionnelle, et à beaucoup de doutes… jusqu’à l’épuisement total.
Parfois, je me dis que l’une des raisons pour lesquelles j’aimerais avoir ma propre entreprise serait justement de pouvoir mener une équipe, la motiver et l’inspirer comme il le faut.
Travailler, qu’on le veuille ou non, on n’y échappera pas. Alors autant faire en sorte de créer un espace où les gens peuvent s’épanouir sans que cela devienne néfaste.
Mais mes ambitions entrepreneuriales vont devoir attendre un peu, car je ne suis pas encore prête à sauter le pas. Alors, en attendant, je vais devoir trouver un moyen de reprendre le contrôle sur mon ressenti au travail, avant que cela ne dégénère.
À deux doigts du burn-out,je me rends compte que cette fois-ci, le travail en lui-même n’y est pour rien.Ce sont les énergies néfastes de certains collèguesqui finiront par me faire craquer et peut-être même partir.
Qui l’aurait cru qu’il existait des entreprises où tu n’es pas fatiguée parce que tu travailles trop,
mais parce que tu dois constamment te défendre dans un jeu que tu n’as jamais voulu jouer.
Et est-ce que choisir mon calme et ma santé d’esprit est réellement abandonner ?
Ou est-ce que, justement, ce n’est pas ça, reprendre le contrôleet devenir presque CEO de sa propre vie, même au travail ?


Commentaires
Enregistrer un commentaire